RASSEMBLEMENT EN ROBE LE 14 JANVIER 2010 A 15H30 SUR LES MARCHES DU PALAIS DE JUSTICE DE PARIS
Le 7 janvier 2009, lors de l'audience de rentrée solennelle de la Cour de Cassation, le Président de la République annonçait la mort du juge d’instruction. La sentence était prononcée dans un discours sans cohérence, qui revient en arrière en disant aller de l’avant, qui bafoue les principes fondamentaux de la justice démocratique, indépendance, droits de la défense, au profit d’une usine judiciaire sans plus de symbole, où tout se négocie, où tout est possible à la condition que l’on ait les moyens de payer.
Un an plus tard, les lois se durcissent, la justice est définitivement rentrée dans une logique de rendement. Dans la vaste unité de production judiciaire, les magistrats et fonctionnaires rendent de plus en plus de décisions, à effectif constant, dans des conditions de plus en difficiles. Les avocats tentent d’assister les justiciables dans l’urgence, sans moyen. Les policiers font face au diktakt des statistiques. Et tous les acteurs du monde judiciaire sont pressés d’agir...Pour quel résultat ? La violence continue de faire la une, l’obsession sécuritaire produit son propre mal!
Dans ce contexte, la suppression du juge d’instruction au profit d’un juge de l’instruction est présentée comme un progrès. Mais de quel progrès parle-t-on ? Celui d’une justice impartiale, qui mène une procédure, instruit sans pression, sereinement ou celui d’une justice rentable, aux ordres qui met au garde à vous les petits et sauve les puissants ?
Manifestons contre les audiences fleuves, contre une justice au rabais, contre une justice inhumaine, bras armé de l’Etat omniprésent, contre une justice sous pression dépendante du pouvoir exécutif ... Nous vous invitons à sortir des palais de justice, à interrompre le cours de la justice que l’on exécute sous des motifs fallacieux et contradictoires, utilisés hier pour faire l’inverse de ce que l’on préconise aujourd’hui !
Nous, magistrats, fonctionnaires de justice, avocats, policiers, experts judiciaires disons que justice doit être, enfin, rendue à la Justice française que l’on dépouille de son indépendance dans une République des amis.